L'autobus jaune

Note d'intention

C'est en faisant des repérages à l'Ecomusée d'Alsace pour un prochain film que le scénario de "L'autobus jaune" a germé dans le tête de son réalisateur, Daniel Ziegler. La toile de fond de l'essentiel du l'action ne ressemble cependant pas à un village d'Alsace : ce sont les vieux bus de "Car-Histo-Bus" d'Albi, rassemblés par Jacques Vaisson et mis en dépôt à l'Ecomusée, qui fournit le décor.
Alignée devant les bâtiments administratifs, la pathétique rangée de bus abandonnés a ému le réalisateur qui s'est empressé de leur donner une des histoires qu'il affectionne, avec des enfants et des mines de potasse…
Le sujet est simple, mais fort : Dans les années 1950, le bassin potassique d'Alsace est aussi un bassin de culture où se croisent les mineurs alsaciens, polonais et italiens. Les enfants jouent ensemble, mais ils n'ont pas oublié leurs origines différentes, sans cesse rappelées par les adultes.
Le film est donc construit comme une fable, mettant bêtement dans la bouche et les actes d'un enfant une attitude xénophobe qui se retournera contre lui. Le choix du support de tournage, nouveau pour l'équipe (la vidéo), permet d'introduire une séquence onirique en couleur qui tranche avec le noir et blanc du reste du film.
Jouant avec nos souvenirs, mêlant l'innocence du monde de l'enfance à sa dureté, ce court métrage illustre à la perfection les pièges du racisme ordinaire, et cependant parfois inconscient.

 


 
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